Description
Vivre dans l’ombre de Jean-Marc Furlan aurait suffi à mon bonheur. C’était le plan initial, celui que mon mari et moi avons échafaudé et suivi pendant plus de vingt ans. De l’euphorie de la victoire à la noirceur de la défaite, des amitiés indélébiles aux trahisons les plus viles, son métier d’entraîneur nous a fait vivre mille émotions, des centaines de matches de football et cinq montées en Ligue 1, en 2005, 2012, 2015, 2019 et 2022. Un record.
Depuis novembre 2023, mon mari ne dirige plus d’équipe. Il n’en a plus la capacité. Jean-Marc souffre d’une maladie neurodégénérative qui altère ses capacités cognitives et motrices. Le lien entre cette pathologie et les commotions cérébrales subies lorsqu’il était joueur a été avancé par une équipe de neurologues. Celui entre sa dévotion absolue à son métier d’entraîneur et le développement insidieux de la maladie relève de l’évidence.
Malgré lui, Jean-Marc se retrouve aujourd’hui plongé dans l’anonymat. L’épouse que je suis veut expliquer sa disparition à bas bruit. L’intervenante en préparation psychologique et mentale veut informer les footballeurs sur les dérives de leur discipline, afin de les protéger d’un destin similaire à celui de mon mari. L’aidante veut décrire le chemin sinueux emprunté afin de retrouver de la sérénité face à ces pathologies neurologiques encore trop confidentielles.
Je ne suis pas seule dans ce récit. Plusieurs anciens joueurs, collaborateurs et confrères de Jean-Marc ont accepté de prendre la plume pour raconter sa philosophie. Elle a marqué plusieurs générations de footballeurs. À nous de partager son héritage et donner un sens au choix qui, par amour démesuré pour le football, s’est imposé à lui : le don d’une vie, quel qu’en soit le prix.
